Mercredi 7 novembre 2007

 

            Le blocage d’une université est pour moi un acte déplorable est pourquoi cela ?


Tout simplement parce que c’est trop facile … je ne parle pas de tenir le blocage et les piquets de grèves , je me doute bien que c’est quelque chose d’éprouvant non non, je veut dire vis-à-vis de la société. C’est comme si quelqu’un décide de squatter une pièce de sa maison parce qu’il n’est pas d’accord avec les HLM . Je trouve ça étrange.

                Bien sûr le fait de squatter une fac à un coté médiatique intéressant, on se fait entendre surtout si il y a un peu de dégradations. Un de mes profs disait que malheureusement pour se faire entendre en France le seul moyen c’est la violence : les paysans, les ouvriers, tous se sont fait entendre par des confrontations. C’est vrai.

                Les arguments en faveur et qui sont parfois convainquant mais ils sont rarement appliqués, sont les suivants. On dit que la fac se bloque car cela permet à tous les étudiants d’assister aux A.G.s sans peur de rater des cours, de perdre sa bourse, de se mettre à fond dans les manifestations.

                Pour perdre sa bourse effectivement il faut ne pas être assidus aux T.D.s et ne pas se présenter aux examens. Finalement très peu d’enseignant font l’appel en T.D.s, pour ma part, il n’y a qu’un et de plus il y a aussi très peu de T.D. ce qui fait que 8 h de cours « obligatoire » pour quelqu’un qui veut être assidus aux manifs c’est pas la mort. Donc j’écarte de manière assez cavalière la bourse.

                Pour ce qui est des cours, si on ne veut pas les rater parce qu’on est en A.G., il faut faire un choix, mais on peut toujours les récupérer, et alors certes cela demande du temps personnel, mais on peut l’avoir ce temps non ? Surtout ceux qui en prennent pour bloquer une université.

                Un autre argument qui tient la route c’est qu’une fac bloqué peut devenir le quartier général de la lutte. OUI ! Mais en rapport gens que ca emmerde, gens que ca satisfait je penche plus pour le premier coté, et des lieux de concertation sont trouvables autrement , prenons le cas des locaux communs dans les universités, que l’on peut prendre si on les demande (ah oui j’oublaiis c’est pas à la mode de demander vu qu’on est pas content) … Surtout qu’aujourd’hui, parmi les gens bloquant la fac, je n’ai pas vu beaucoup de personnes travaillant avec acharnement pour le mouvement, qui allait informer etc.. par contre j’en ai vu qui jouait au UNO … ou qui buvait du thé à 12h et encore à 16h … Un QG où pendant que ça bloque on ne fait rien … mmm mauvaise chose

                Les arguments contre le blocage, selon moi, les voici.

                Encore une fois on scie la branche sur laquelle on est assise : on se bat pour notre université en la bloquant et si on en juge par le passé, en la dégradant …

                On empêche simplement des gens venant s’instruire autrement que par les livres de le faire. On fait faire une grève (par le biais d’un blocage) même à des gens qui n’en ont pas envie, en même pire, on oblige des gens qui sont favorables à cette loi à faire la grève, par le biais de ce blocage …

                ALLONS BLOQUER QUELQUE CHOSE QUI VA NOUS PERMETTRE DE NOUS FAIRE ENTENDRE !

Pas une fac, surtout une fac qui est fragile comme une fac de sciences humaines. Pardonnez-moi mais ce n’est surement pas parce que les gens sont plus humains dans ces facs (par rapport aux santés, aux droits et aux sciences) que ce sont ces bâtiments qui sont pris d’assaut. C’est ainsi car ce sont les seuls qui sont laissé à l’abandon et qui PEUVENT être pris. Essayer de prendre un labo de biologie avec ses matières dangereuses, ou bien une fac de chimie ou encore une fac d’informatique avec ces centres de ressources et peut-être ses systèmes informatiques centraux … Et c’est facile de s’attaquer aux livres …

                Pourquoi ne pas bloquer une autoroute hein ? ou bien un aéroport ? ou encore une rocade ? Je pense que ca réagirai assez vite …

 

M’enfin bon voilà pour ce soir !

A demain

ZaK

P.S. : Ah oui et pour ceux qui me diront oui mais ça a marché en 2005 au C.P.E., ne changeons pas une méthode qui marche. On nous écoute parce qu’il y a de la confrontation, mais est ce que cette confrontation doit être placée au milieu de notre monde à nous, plutôt que chez l’opposant …

par ZaK publié dans : La question du blocage
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Commentaires

Est-ce que on ne pourrai pas, au lieu de bloquer tout le temps, toute la semaine, faire une journée morte pour permetre d'aller a la manif du jour (puisque la grande peur c'est qu'il n'y ai personne aux manifs), et laisser les cours se dérouler le reste du temps? les AG se déroulant le midi sont assez conséquente, et permettent à la majorité d'y aller, a condition evidemment qu'elles ne durent pas 3h. Pour cela il faudrai aussi que les intervenants cessent de se répéter a longueur de temps et aient des discours construits et nourri de réflexion. certain le sont mais d'autre semble n'intervenir que pour des sujets hors-propos, ou font de simple redite (inutile puisque déjà dit en général déjà 3 fois avant...)
voilà, c'est une suggestion qui me semble - t-il pourrai être posée; au lieu de s'enfermer dans un lutte, blocage, non-blocage, qui fait souvent oublier l'essentiel, la lutte contre la loi LRU
bien a vous
commentaire n° : 1 posté par : Ayda le: 07/11/2007 23:03:55
un petit soutien de strasbourg...
commentaire n° : 2 posté par : mag le: 08/11/2007 11:32:03
Pas mal Gillou, tu m'impressione. A Nantes aussi c'est bloqué, en lettre et langue je crois que c'est tout. Les STAPS on n'est pas trop embeter encore, étant à l'exterieur du campus ça aide... Je suis comme toi, non au blocage mais oui aux action spour faire bouger les choses. Il y a 2 ans j'ai completement halluciné sur le déroulement des AG (chez moi a Nantes en tout cas) les étudiants étaient dehors a fumer leurs clopes, ou ne vennaient meme pas au début de l'AG, pour se pointer bille en tête au moment du vote du blocus pour lever haut la main pour un OUI ridicule...Les actions se passaient ensuite à une vingtaines d'irréductibles courageux, toujours les mêmes à qui j'adresse toute ma sympathie et mes félicitations, et ct reparti pour une semaine de glande... Super.
Bref, nous ca va ici, mais je pense a toi qui ne peux plus aller en cours. Ce serait particulièrement penible pour moi cette année, le CAPEPS c'est du sérieux...
Grosses bises en tout cas, bon courage, et continue bien ce blog sur lequel je suis tombée par hasard. Au plaisir, et puis en esperant qu'au moins cela servira à quelque chose!
Cilou
commentaire n° : 3 posté par : Cilou (site web) le: 08/11/2007 14:59:08
Tout d'abord je souhaite ajouter qu'en 2005 la mobilisation était autre, mais surtout le contexte politique, une droite molle et affaiblie au pouvoir. De plus seul le contrat CPE a été retiré, mais rien n'a été changé sur le fond des réformes que souhaitait le MEDEF.
Donc cette victoire dont se complaise beaucoup de gens est vraiment loin d'être fantastique je trouve.
Je ne suis pas sûr que de simples blocages de fac, dont l'image nuit au mouvement lui même (détérioration, violence, non respect de la liberté de pensée et de s'instruire d'une partie des étudiant), soit la meilleure solution pour faire plier le gouvernement hyper-présidentiel et répressif actuel.

Que faire pour faire reculer cette dictature rampante qui se met sournoisement et lentement en place ? Effectivement il va falloir mettre en place des méthodes plus dérangeantes et s'attendre à se prendre les CRS sur el coin de la gueule ... c'est triste, ce n'est pas démocratique, mais on nous y a résigné (on=53% des votants en mai dernier).

PS : juste une remarque d'un autre ordre. Mais une ministre de M. Sarkozy déclarait il y apeu de temps de cela sur Canal+ que c'est "le président qui gouverne la France" et que c'est donc normal qu'il s'occuper de tout ... hors la constitution précise que le président préside et que le gouvernement ... gouverne. Et c'est une des barrières qui garantie de ne pas sombrer dans une "dictature" ... c'est un constat alarmant qui ne fait pas broncher pour autant.
commentaire n° : 4 posté par : Dimitri le: 10/11/2007 17:37:22
Moi j'aimerais bien qu'il n'y ai pas besoin de bloquer, de paralyser pour faire réagir. Malheureusement, les gens sont tellement peu politisés et attendent tellement que les luttes se facent d'elles même que le blocage en devient nécessaire. Parce que du coup les anti bloqueurs s'organisent, parlent entre eux et les bloqueurs s'adaptent... Et malgrès ce qu'on entends les choses peuvent avancées petit à petit. Si on veut éviter les violences,dégradations et je dirais même le blocage, il faut s'engager, aller au AG, connaitre la loi, participer aux comités de grèves, proposer des actions réellement efficaces, être nombreux ( car j'espère que nous ne sommes pas une minorité à désapprouver la loi), être nombreux pour pas être débordés par le travail d'actions; et enfin dénoncer de manière systématique la politique du gouvernement quand elle nous parait dangereuse à court et long terme. Et oui que de choses... Les coupables des dégradations on les connait et j'espère que les personnels IATOS porteront plainte. Maintenant voilà, moi ça me déprime tellement dans arriver à devoir bloquer le système (de voir la réaction des gens) que je vois pas l'intérêt d'étudier pour reproduire ce système (je suis en Socio: et on voit déjà les effets de la privatisation dans le choix des formations: toute une partie du savoir occulté, on se réduit à de la prévention sociale, du pragmatisme...). A quoi cela sert de se saigner pour étudier une société qui ne veut pas que l'esprit critique perdure et qui fait tout pour nous empêcher de nous exprimer. La fac n'allait déjà pas bien, nous sommes précarisé et cela nous divise. Ce manque de moyen justifie une privatisation et sert d'argument à l'état pour décrédibiliser le mouvement. Nous ne sommes pas une minorité face à ce gouvernement, car si la majorité n'était pas contrainte à se taire et à accepter sa situation (parce que précarisée), elle nous rejoindrait. Pour l'instant elle se réfugie derrière de faux arguments: le manque de démocratie:entre l'état et les AG (en tout cas des AG réellement investie par tout le monde: c' pas le cas de Rennes), je me demande qui est le plus démocratique (loi passer sans consultation des étudiants (les syndicats ne sont pas réellement majoritaire) pendant l'été comme par hasard). Violence des bloqueurs: cette violence doit être punie et contrée par l'investissement de masse des étudiants dans les comités de grèves... Moi mon seul argument c'est la solidarité des intérêts individuels: car se battre seul pour son diplôme, son travail, sa retraite: en ayant de moins en moins les moyens de s'exprimer n'est pas une solution. J'entend dire que nous crions avoir d'avoir mal, que la loi n'est pas si mauvaise... faut il attendre d'être complètement bailloné? Pour le retrait de cette loi, il faut une séries d'actions diverses (directes, spéctaculaires, festives...par exemple: se mettre symboliquement Zones Hors AGCS, ou vendre notre fac aux plus offrants) ou/et un blocage total de toutes les facs d'un seul coup, par une masse critique (qui restera minoritaire faut pas se leurrer, cette histoire de minorité est un faut argument, la majorité n'a pas toujours raison; par contre à Rennes c' les toto et les anar et ça c' critiquable, mais faut pas caricaturer). Là le gouvernement aura peur quand cheminot, profs, étudiants, fonctionnaires, agriculteurs seront ensemble (mais ils essayent déjà de négocier avc la sncf, pour nous diviser plus encore). C' parce que le gouvernement est dure et la situation intenable que l'action doit être aussi construite...
commentaire n° : 5 posté par : moé (site web) le: 11/11/2007 16:13:19

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